Guerre Iran : Impact sur les matières premières

Nicolas PINCHON
10 avr. 2026
🛑 4 semaines après le début de la guerre en Iran, évolution contrastée des prix des matières premières, explications ⬇️
⚔️ La guerre, débutée le 26 février en Iran, impacte directement 15% des réserves mondiales de pétrole, et de gaz naturel situées dans le pays. Mais au-delà de la production c'est le flux maritime qui est directement impactée avec le blocus du détroit d'Ormuz. C'est via ce passage stratégique que circule jusqu'à 30% du pétrole mondial et 20% du gaz liquéfié.
📈 Dans ce contexte, les marchés de l'énergie ont été propulsés en forte hausse. La production est parfois directement touchée par le conflit et la logistique de transport maritime provoque le risque majeur de rupture du marché. Le gaz dont le prix a doublé en quatre semaine constitue la matière première pour la production d'ammoniac indispensable à la production d'engrais azotée. Les cours de l'urée et des autres formes d'engrais ont progressé mais l'incertitude pèse surtout sur la capacité des fabricants à répondre à la demande des prochaines semaines/mois.
🌾 Les cours des céréales et des huiles affichent une hausse plus modérée. Toutefois la hausse des prix du pétrole argumente la hausse de consommation de l'éthanol et du biodiesel. Si les niveaux de prix se maintiennent, la demande pourrait encore augmenter au détriment des stocks. A plus long terme, si la baisse de disponibilités des engrais azotées se confirme, les rendements pourraient être impactés notamment pour le maïs.
📊 Face à ce regain de volatilité, les investisseurs financiers délaissent les valeurs refuge comme l'or qui chute de 14%. Ces derniers se repositionnent sur les matières premières énergétiques et agricoles participant à l'inflation rapide des prix.
📰 Pour le moment, le gaz et le pétrole ne sont pas si cher. Les prix ont déjà connu des hausses beaucoup plus significative. Le marché parie sur un conflit de courte durée. A ce titre, le conflit devait durer 4 semaines tout comme l'opération éclair déclenchée par la Russie ou encore la guerre en Irak... Le risque d'enlisement du conflit est important et s'il perdure pourrait impacter encore plus durement les moyens de production agricoles (engrais) et la consommation (biocarburant).
Nicolas PINCHON
Veille Au Grain
